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Réseautage et Croissance Entrepreneuriale

UNE SALLE PLEINE NE GARANTIT PAS UN BON RÉSEAUTAGE

17 août 20267 min de lecturePar Danny Couturier

Le plus difficile en réseautage n’est pas toujours de trouver les bonnes personnes. C’est d’oser aller vers quelqu’un que l’on ne connaît pas.

Imaginez la scène. Vous entrez dans une salle remplie d’entrepreneurs. Les conversations sont déjà commencées. Des groupes se sont formés. Certaines personnes rient ensemble, d’autres tiennent leur verre en observant la salle, et quelques-unes demeurent seules près d’un mur ou d’une table.

Vous êtes pourtant venu pour rencontrer de nouvelles personnes. Mais presque immédiatement, votre regard cherche un visage connu.

Ce réflexe est profondément humain. Entrer seul dans une salle peut être intimidant. Dans la vie courante, nous ne sommes pas habitués à interrompre un groupe d’inconnus pour nous présenter. Le simple fait que l’événement porte l’étiquette « réseautage » ne fait pas disparaître cet inconfort.

Nous savons pourquoi nous sommes dans la salle, mais notre premier réflexe demeure souvent de retourner vers les personnes que nous connaissons déjà.

Une salle pleine peut demeurer complètement immobile

J’ai participé à beaucoup d’événements de réseautage au fil des années. Certains réunissaient énormément de monde. Sur papier, tous les ingrédients semblaient présents pour créer des occasions.

Pourtant, le nombre de participants ne produisait pas nécessairement de meilleurs résultats.

Je voyais toujours certains signes revenir. Les personnes qui se connaissaient demeuraient ensemble. D’autres restaient isolées. Plusieurs participants ne savaient pas comment s’approcher d’un groupe dont la conversation avait déjà commencé. Et lorsqu’on tentait de le faire, on pouvait avoir l’impression de déranger plutôt que d’être accueilli.

La salle était pleine, mais elle ne bougeait pas.

Les mêmes personnes continuaient de parler entre elles. Ceux qui auraient eu le plus besoin d’être accompagnés pour créer un premier contact restaient souvent en périphérie. Il y avait beaucoup de présence, mais peu de circulation réelle.

Le lieu fait aussi partie de la conversation

Nous sous-estimons également l’influence de l’environnement. Plusieurs 5 à 7 sont organisés dans des restaurants ou des resto-bars très animés. La musique est forte, les conversations se superposent et chaque échange exige un effort supplémentaire.

Plus récemment, j’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes venues de Chine. Leur anglais n’était pas leur langue maternelle. Le mien non plus : je suis Canadien français. Nous avions donc besoin d’écoute et d’attention pour bien nous comprendre.

Ajoutez à cela une musique dominante et le bruit de dizaines de conversations, et une rencontre qui aurait pu être riche devient inutilement difficile. L’environnement censé favoriser les échanges finit parfois par leur nuire.

La qualité d’un événement ne dépend donc pas seulement des personnes invitées. Elle dépend aussi de l’espace, du niveau sonore, de l’accueil et de la manière dont les participants sont amenés à entrer en relation.

Le déclic de l’organisateur

Comme organisateur, j’ai dû accepter une réalité importante : attirer beaucoup de personnes ne suffisait pas.

Je pouvais regarder une salle remplie et ressentir une certaine satisfaction. Mais si les participants demeuraient dans leur coin, s’ils repartaient avec les mêmes relations qu’à leur arrivée et s’ils n’avaient pas découvert les besoins ou les expertises présents autour d’eux, l’événement n’avait pas produit tout son potentiel.

Le véritable problème n’était pas un manque d’intérêt. Les gens avaient réellement besoin de connecter. Ils ne savaient simplement pas toujours comment franchir naturellement la distance qui les séparait.

C’est cette observation qui a contribué à la création du Jeu du Réseautage™. Je voulais mettre en place une structure qui réduise l’inconfort, crée du mouvement et donne aux participants une raison naturelle d’aller vers des personnes qu’ils n’auraient probablement jamais abordées seuls.

Le soir où la méthode s’est confirmée

Lors de nos événements du Jeu du Réseautage™, nous réunissions environ 60 personnes. Certaines se connaissaient déjà. Plusieurs autres venaient de l’extérieur et entraient dans le groupe pour la première fois.

La différence ne venait pas seulement du nombre de participants. Elle venait de la façon dont nous les faisions circuler et communiquer.

Les échanges étaient dirigés selon les besoins des personnes, la réalité de leur entreprise et les possibilités de référencement naturel. Les participants n’étaient pas simplement invités à « aller parler à quelqu’un ». Ils recevaient un cadre, des questions et une direction qui facilitaient la rencontre.

Au fil de l’activité, les communications évoluaient. Les premières réponses, parfois prudentes ou superficielles, faisaient place à des conversations plus précises. Les participants devenaient meilleurs pour poser des questions, expliquer leur réalité et reconnaître les complémentarités.

Puis venait 19 h, l’heure prévue de la fin.

Et presque personne ne partait.

À vue d’œil, la grande majorité des participants demeuraient sur place. Plusieurs commandaient un repas et poursuivaient la conversation avec la personne rencontrée lors de leur dernier échange.

Ce moment m’a rendu fier, bien sûr. Mais il m’a surtout donné quelque chose de plus important : la confirmation que la méthode fonctionnait.

Lorsque les gens reçoivent le bon cadre, ils ne cherchent plus seulement à distribuer des cartes professionnelles. Ils commencent réellement à connecter.

Le réseautage peut s’apprendre

Cette expérience m’a confirmé que le réseautage n’est pas nécessairement inné. Certaines personnes sont naturellement à l’aise, mais beaucoup ont besoin d’être guidées pour dépasser leur inconfort, améliorer leurs questions et comprendre vers qui se diriger.

Une bonne structure ne remplace pas la spontanéité. Elle crée les conditions qui lui permettent d’apparaître.

Elle aide les participants à faire le tour de la salle en fonction de leurs besoins, de leur entreprise et des recommandations qu’ils peuvent offrir ou recevoir. Elle transforme une série de rencontres laissées au hasard en un réseau de conversations pertinentes.

  • Le nombre de participants crée le potentiel.
  • La structure crée le mouvement.
  • Les bonnes questions créent la profondeur.
  • La confiance permet ensuite aux relations de continuer.

Une salle pleine ne garantit donc pas un bon réseautage. Mais une salle bien préparée, animée avec intention et conçue pour faciliter de vraies conversations peut devenir le point de départ de relations qui se poursuivront longtemps après l’événement.

La prochaine fois que vous organiserez ou fréquenterez une activité de réseautage, ne demandez pas seulement combien de personnes seront présentes.

Demandez-vous plutôt : qu’est-ce qui aidera ces personnes à dépasser leur inconfort et à créer une connexion qu’elles n’auraient jamais créée seules?


Former les gens à mieux connecter

C’est aujourd’hui l’un des objectifs au cœur de mes formations : aider les entrepreneurs, les dirigeants et les équipes à développer des réflexes de réseautage plus humains, plus structurés et plus efficaces.

Parce qu’un bon réseau ne commence pas par une collection de contacts. Il commence par une conversation que quelqu’un a finalement osé entreprendre.

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Danny Couturier
Fondateur-président
World Entrepreneur Networking Club

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